Les Fidji ont déclaré l’état d’urgence national face à la progression rapide du VIH, une situation qui serait notamment alimentée par l’essor de la consommation de méthamphétamine dans le pays. Selon les estimations disponibles, environ un adulte sur 60 serait désormais porteur du VIH, une évolution qui contraste avec la tendance mondiale, marquée ces dernières années par une baisse des nouvelles infections.
Le 15 septembre, le ministre fidjien de la Santé, le Dr Atonio Lalabalavu, a officiellement déclaré l’état d’urgence. Les Fidji ont enregistré 2 016 nouveaux cas de VIH en 2025, un chiffre que le ministre a qualifié de révélateur de la "gravité de l’épidémie". Il a également souligné la nécessité de mettre en place une réponse "urgente et coordonnée" pour endiguer sa progression.
L’épidémie touche également les plus jeunes. Selon Save the Children Fidji, le plus jeune patient connu vivant à la fois avec le VIH et la tuberculose serait un bébé âgé de seulement deux mois.
À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que près de 40 millions de personnes vivent avec le VIH. Environ 630 000 personnes sont décédées de causes liées au virus en 2024. S’il n’existe actuellement aucun traitement permettant d’éliminer définitivement le VIH, les traitements antirétroviraux permettent de contrôler le virus et de ralentir considérablement l’évolution de la maladie.
Environ 77 % des personnes vivant avec le VIH bénéficient aujourd’hui d’un traitement antirétroviral. Ces progrès ont contribué à faire reculer la mortalité liée au virus. Toutefois, les récentes réductions des financements internationaux consacrés à la santé et au développement menacent l’accès aux traitements dans de nombreux pays. Des experts alertent ainsi sur le risque d’une résurgence majeure de l’épidémie si ces financements continuent de diminuer.
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